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Rubens – Rembrandt, deux génies, deux visions, un dialogue inattendu au 17ème siècle
Jacques Hostetter, a partagé avec une assemblée nombreuse son goût pour ces deux peintres incontournables du 17e siècle avec une assemblée nombreuse et conquise.
1577 – 1606, moins de 30 années séparent ces deux artistes innovants et prolifiques qui sont les principaux peintres des Provinces Unies au 17ème siècle, le « Siècle d'Or » néerlandais.
Tous deux sont influencés par l’art italien, en particulier par Le Caravage, Rubens suite à son long voyage sur place, Rembrandt parce qu’il est particulièrement sensible au clair-obscur qui lui permet de sonder le cœur des personnes et des situations qu’il souhaite présenter.
Rubens et les peintres de son atelier — Antoine Van Dijck et Jacob Jordaens — mettent en scène dans de grandes diagonales de somptueuses corporéités rehaussées des trois couleurs primaires. Son « Jugement de Pâris » (au moins 5 versions) permet d’observer son évolution technique.
Acquis à la Contre-Réforme Catholique, Rubens produit des œuvres monumentales comme « L’adoration des mages », « Le jugement dernier », « L’érection et la descente de croix » ou le « Le massacre des innocents ».
Rembrandt, le protestant, cherche à pénétrer l’intériorité des personnages mis en scène. Sa gamme chromatique réduite, l’utilisation des ocres, des gris, du noir, du clair-obscur sont omniprésents dans ses œuvres comme par exemple « L’Erection de la Croix » ou « La Descente de croix ».
L’un et l’autre sont des peintres représentatifs de la période baroque.
Leurs manières d'aborder les sujets sont en lien avec les messages à transmettre. En comparant leurs traitements de « Bethsabée au bain tenant la lettre de David » des différences particulièrement frappantes entre les deux artistes apparaissent.
Quand Rubens montre dans un tableau d’une grande intensité dramatique une femme sensuelle aux formes généreuses et au corsage largement ouvert. Coquette — sa servante lui peigne les cheveux — parée de bijoux et d’étoffes luxueuses, elle semble se réjouir de sa rencontre prochaine avec le roi David.
Rembrandt choisit la retenue en faisant le portrait d’une femme simple au corps imparfait qui reçoit la lettre de convocation royale. Ainsi, le drame se joue simplement en observant la tristesse de Bethsabée hantée par l’image de l’adultère qu’elle s’apprête à commettre.
Sa servante ne lui peigne plus les cheveux — ce qui est un geste de coquetterie — mais lui lave les pieds — geste de purification. Tout est ainsi mis en œuvre par Rembrandt pour accroitre l’intensité dramatique de la scène. Ce choix du moment est prépondérant chez lui, comme l’illustrent d’autres de ses œuvres comme « Les pèlerins d’Emmaüs » par exemple.